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V., 37 ans, Genève
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J'avoue qu'il y a quelques années j'ai eu une aventure avec une collègue (mariée, comme moi). En réalité, ça a été le moment le plus difficile de ma vie. J'ai flirté avec cette collègue, sans intention plus poussée. On s'entendait bien, on rigolait bien. Puis un soir, elle me fait part de ses sentiments pour moi. Sans pourtant avoir rien calculé, je lui dis que j'éprouve les mêmes sentiments. C'est très étrange, car une fois l'avoir entendue me déclarer son « amour » c'était foutu. Je ne pouvais me défaire de cette relation. J'ai compris plus tard à quel point j'avais un besoin immense de ce regard qu'elle posait sur moi. Et sans doute avait-elle un besoin que cette relation comblait.
Mais ce n'était pas de l'amour. Et s'il y avait bien du désir, je ne pense pas que c'était ce qui nous poussait l'un vers l'autre. Non, c'est ce manque terrible que je porte en moi et que cette liaison me donnait l'illusion de combler qui me rendait complètement dépendant à cette liaison.
Mais j'avais conscience que cela ne menait strictement à rien. Alors j'ai résisté ... tout en succombant. J'ai refusé, puis je l'ai embrassé. J'ai voulu tout arrêter, puis je l'ai reprise dans mes bras. Et finalement nous avons fait l'amour. Sauvagement, avec quelque chose de triste, de désespéré. Une seule fois.
Finalement, dans des circonstances horribles, sous la menace, j'ai fini par quitter mon job et cette relation. Je me suis retrouvé face à moi-même, à cette souffrance qui m'avait rendu si dépendant à elle, à nous. L'ivresse m'avait quitté et je restais avec ma culpabilité, ma souffrance et une estime de moi plus détruite que jamais.
Aujourd'hui, je comprends mieux ce qui s'est passé. Je ne pense plus en termes de faute, de culpabilité, de qui est le salaud. Je pense en termes de responsabilité et de futur. J'essaie de vivre avec cette souffrance qui m'a amené là.
J'avoue que ça va mieux, que je vois clair en ce qui concerne ma responsabilité et la sienne. Que contrairement à ce que veulent croire les bien-pensants, ceux qui se croient les détenteurs de la morale vraie et qui se sont fait un plaisir de m'accuser, il n'est pas de bourreau et de victime. Il n'y a que de la souffrance.
J'avoue qu'à ceux qui vivent cette souffrance d'être « un salaud », je n'aurai qu'un conseil : ne cherchez d'explication, de solution, de chemin qu'en vous-même. N'accusez rien ni personne : demandez vous où vous en êtes, pourquoi, et comment sortir du bourbier.
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